Les ancêtres du Berger de Tatras, (nom qui vient des montagnes des Tatras, séparant la Pologne de la République Tchèque et de la Slovaquie), appelé également Berger Polonais de Podhale ( nom qui vient de la Podhalie, région des montagnes des Tatras.) proviennent certainement de croisements de différents molosses. Ces derniers sont arrivés en Europe par différentes voies ; dans un premier temps, grâce à la " route du commerce " qui fut mise en place par les Phéniciens, grands commerçants, échangeant des chiens contre toutes sortes de marchandises, œuvres d'art, draperie, étain, argent etc.,
Puis ils arrivèrent avec les invasions des tribus barbares venant d'Asie qui se sont installées dans les Balkans, en Hongrie, Bulgarie, dans le Caucase, en Italie du Nord,
Et enfin ils furent importés par l'empire romain qui lors de ses conquêtes utilisait des chiens de " guerre " pour leur force, leur courage, et leur puissance. Certains chiens étaient blancs, d'autres de deux couleurs dont le noir prédominait, certains sont restés dans les pays au fil des batailles.

   

Au XVIe siècle, les tribus de Valachie se sont déplacées avec leurs troupeaux de brebis et de bovins.

Les troupeaux étaient surveillés par de grands chiens, ils longeaient les Carpates, les Tatras polonaises et les vallées.

Montagne des Tatras : Les Beskid

   

Certains s'installèrent dans les montagnes des Tatras, et les élevages de brebis commencèrent à se multiplier. Les chiens étaient surnommés Berger des Montagnes.

Dans des écrits de 1851, M. Ludwik Zejszner signalait dans les montagnes des Tatras, la présence de grands chiens blancs, au pelage long, leurs yeux noirs étincelants indiquant leur profonde intelligence et audace.

   
    En 1878 les écrits de l'époque décrivent le départ en estive, la vie des pâtres, et signalent la présence à leurs cotés de grands chiens blancs majestueux
   

Au musée du Vatican, des tableaux du XVIe siècle montrent des bergers avec leur troupeau sous la protection de grands chiens blancs.

PapeJohn Paul II quand il était cardinal avec un bébé podhale

   
Dès 1888, un musée consacré à la vie montagnarde est crée à Zakopane, à l'époque petit village perdu, dans les montagnes des Tatras. L'existence de chien, auxiliaire des bergers est mentionnée.

Du 3 au 5 septembre 1937 a eu lieu la première exposition de Bergers des Montagnes dans la ville de Zakopane. Les exposants présentaient leurs chiens dans leurs costumes colorés de fête.

Costumes folkoriques

    L' exposition regroupait 70 chiens adultes et 30 chiots âgés de quelques mois, ce qui permettaient aux visiteurs de pouvoir voir l'évolution du chien au fil de sa croissance.
Cette exposition a suscité un grand intérêt, les délégués de différentes organisations cynophiles, : le ministère des armées, les responsables de la police ainsi que le maire de la ville étaient présents.
   

Toutes ces personnalités ainsi que le responsable de L' Association des Amis des Chiens de Garde, et les adhérents ont voulu officialiser le nom du chien. Plusieurs idées ont été retenues mais c'est le Berger des Montagnes qui a été choisi. Un premier type a été défini en 1938.

Mais ce départ enthousiaste vers une première sélection s'est avérée malheureusement stoppée par la deuxième guerre mondiale.

Estive bovine


Malgré les conditions difficiles, certains pâtres arrivèrent à garder leurs chiens et maintenaient ainsi une petite production.

    C'est après guerre que les amoureux de la race se sont retrouvés afin de faire un recensement du cheptel.
Au printemps 1954, l'association du club de Zakopane organisait une réunion où étaient présentés plus d'une centaine de Bergers des Montagnes.
   

Plus de 90% des chiens présentés venaient des bergeries et étaient présentés par les pâtres

En octobre 1954 le conseil des ministres du gouvernement en place décida la création d'un parc national dans les monts des Tatras.

Reunion à Zakopane

   

En 1956, les bergers les troupeaux et leurs chiens durent s'expatrier dans les lointaines Beskides. Les transhumances se firent différemment, la grande fête des départs en estive devient de plus en plus rare, certains bergers n'utilisèrent plus de chiens, et la reproduction diminua.

L' Association Cynologique de l'époque persuada certains amis de la race, que ce chien pouvait s'adapter à d'autres choses que la garde des troupeaux. Certains éleveurs, par leur motivation et leur ténacité, ont maintenu la présence d'un cheptel.

Photo de Berger de Podhale de 1960

    Le premier standard reconnu par la FCI fut établi en 1967 et le nom de Berger de Tatra (Owczarek Podhalanski) fut adopté. Le standard fut révisé en 1973, le nom devient Chien Polonais de Tatra et encore modifié en 1988 où revient l'appellation Owczarek Podhalanski avec cette fois en plus le nom de Berger de Podhale (tatras). Mais ce n'est que depuis 1970 que le Livre des Origines Polonais (PKR) inscrit véritablement les premiers chiens à pedigree, encore de nos jours de nombreux chiens ne sont pas inscrits et sont sans pedigree, les bergers ne voyant dans cette démarche aucun intérêt.


Les premiers Berger de Podhale arrivèrent en France courant de l'année 1984 avec deux importations polonaises : Luban et et Basetla z Giczarowa appartenant à Mr Nagyfalusy

   
   
   
    Le Berger de Podhale a toujours été utilisé comme protecteur de troupeaux de moutons.
   

Sa couleur blanche a une raison d’être : Il est :

blanc comme les moutons qu’il garde, pour que ces derniers n’aient pas peur de lui,
blanc pour que les prédateurs ne le reconnaissent pas facilement de loin,
blanc pour que le berger ne le confonde pas avec un prédateur la nuit.
   
Le Berger de Podhale, comme tous nos chiens de protection n’est pas seulement le garant de l’élevage mais sa condition première.
Sans chien de protection, le troupeau se trouve à la merci de n’importe quel prédateur et les pertes pour le berger sont colossales.
Plusieurs chiens sont présents sur un troupeau, en périphérie et à l’intérieur même du troupeau.


   

Quand nous observons le travail des chiens, nous avons l’impression qu’ils tracent une barrière invisible autour du troupeau que personne ne doit franchir.

Si un prédateur ou un être humain s’approche de trop près de cette barrière, les chiens de périphérie bondissent, menaçants, se postant entre le troupeau et l’arrivant.
Si l’intrus s’éloigne, ils s’apaisent, si au contraire l’intrus ne tient pas compte de l’avertissement, ils réagissent de façon déterminée, très sûrs d’eux-mêmes.

Troupeau de brebis et bergers de podhale

   
   

Mâle podhale en protection

Le premier devoir du Berger de Podhale est donc de ne pas se laisse attaquer, le deuxième de se défendre avec courage et obstination. Il est habitué depuis des siècles à prendre soin du troupeau des hommes, seul et sans l’aide de ceux-ci.
   
    Pour accomplir ce travail, il doit avoir :

> une attention vive et constante
> une distance et une prudence concernant tout objet qu’ils ne connaissent pas
> il doit être prudent plutôt que téméraire
> une bonne quantité d’intelligence pour pouvoir apprécier les situations nouvelles avec rapidité et exactitude.
Tout est observé avec plus ou moins de méfiance et plus ou moins accepté après un long examen.

   

Ne confondons pas cette attitude de prudente distance pour de l’anxiété ou de la crainte, mais soyons vigilant en tant que propriétaire du chien car un pas de trop, ou une tentative de pénétration dans son territoire peut replacer le Podhale dans son activité de chien de protection.

Mâle podhale en surveillance

   

Au fil des années, il a déserté la compagnie des troupeaux pour différentes raisons et il a fait son apparition, chez nous en France et dans d’autres pays du globe comme chien de compagnie.

Troupeau sortant de la bergerie avec les bébés podhale

   

Mais le caractère intrasèque de sa race est toujours présent :
Rien ne lui échappe, même lorsqu’il paraît sommeiller, il enregistre les moindres modifications de son environnement.

Femelle podhale en Pologne en surveillance de sa progéniture

   
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